
Tendinite de l'épaule chez le sportif : favoriser la récupération

Hugo Cohen-Skalli
Chiropracteur · Saint-Mandé
Ce que vous ressentez — et ce qui se passe
Vous terminez votre séance de natation, de CrossFit ou de tennis, et cette douleur familière revient : une gêne sourde à l'épaule, parfois un pincement net dès que vous levez le bras. Vous avez peut-être essayé de l'ignorer, de « passer au travers ». Mais elle est toujours là.
Ce que vous décrivez ressemble à ce que l'on observe fréquemment sous le terme de tendinite de l'épaule — ou plus précisément, de tendinopathie. Ce terme recouvre des irritations des tendons qui entourent l'articulation de l'épaule, notamment ceux de la coiffe des rotateurs, un ensemble de quatre muscles qui stabilisent et mobilisent l'épaule à chaque mouvement.
Pourquoi les tendons s'irritent-ils ?
Les tendons sont des structures qui transmettent la force musculaire à l'os. Soumis à des contraintes répétées — comme le geste du crawl, le smash ou l'arraché —, ils peuvent développer une sensibilité accrue, surtout lorsque :
- La charge d'entraînement augmente trop vite sans temps de récupération suffisant
- La mécanique du geste crée des tensions inégales sur certains tendons
- Certaines zones de l'épaule manquent de mobilité ou de stabilité
« La douleur n'est pas l'ennemi. C'est un signal. La question est de savoir ce qu'elle essaie de vous dire. »
Il est important de préciser que le terme « tendinite » évoque une inflammation, mais les recherches actuelles montrent que ce que l'on observe dans les tendons douloureux est souvent plus complexe qu'une simple réaction inflammatoire. On parle donc de plus en plus de tendinopathie pour décrire l'ensemble de ces états, sans préjuger du mécanisme exact.
Ce que nous pouvons dire avec certitude : un tendon sollicité au-delà de sa capacité d'adaptation devient douloureux et moins performant. Et cette capacité varie d'une personne à l'autre, d'une saison à l'autre.
Ce que nous observons lors d'un bilan chiropratique
Quand vous nous consultez pour une douleur à l'épaule, nous ne regardons pas uniquement l'épaule. L'épaule est une articulation remarquablement mobile — et cette mobilité dépend de plusieurs structures qui travaillent ensemble : l'articulation gléno-humérale, la clavicule, l'omoplate et la colonne thoracique.
Un bilan chiropratique de l'épaule cherche à identifier :
- Les zones de mobilité réduite — une articulation qui manque d'amplitude force les structures voisines à compenser
- Les déséquilibres musculaires — certains muscles sur-sollicités, d'autres sous-actifs
- La qualité du mouvement global — comment vous bougez votre bras, votre omoplate, votre tronc
- Les facteurs de charge — fréquence, intensité, récupération dans votre pratique sportive
Un exercice pratique à essayer maintenant
Avant même de venir nous voir, voici un exercice simple pour explorer la mobilité de votre omoplate :
L'activation scapulaire debout :
- Tenez-vous droit, bras le long du corps
- Inspirez lentement en rentrant légèrement le menton
- En expirant, ramenez doucement vos omoplates l'une vers l'autre et vers le bas — comme si vous vouliez mettre vos omoplates dans vos poches arrière
- Maintenez 5 secondes, relâchez complètement
- Répétez 8 à 10 fois, lentement, sans forcer
Cet exercice ne traite rien, mais il vous permet de prendre conscience de la zone et de sentir si le mouvement est fluide ou bloqué. Si vous ressentez une douleur franche, arrêtez et consultez.
Ce que la chiropratique peut apporter
Nous travaillons sur la mobilité articulaire — notamment de l'articulation acromio-claviculaire, sterno-claviculaire et des vertèbres thoraciques — et sur la coordination neuromusculaire de l'épaule. Certaines personnes rapportent une amélioration de leur amplitude et une réduction de leur gêne après quelques séances. Nous ne promettons pas de résultat : chaque situation est différente, et votre récupération dépend de nombreux facteurs.
Quand consulter — et ne pas attendre
Il y a une idée reçue tenace dans le milieu sportif : « Si je continue à m'entraîner, ça va passer. » Parfois, oui. Mais une douleur à l'épaule qui dure plus de deux à trois semaines sans s'améliorer mérite une évaluation professionnelle. Plus on attend, plus les compensations s'installent — et plus la récupération peut prendre du temps.
Consultez sans attendre si :
- La douleur vous réveille la nuit
- Vous ne pouvez plus lever le bras au-dessus de l'horizontale
- La douleur s'accompagne d'une faiblesse marquée ou d'une sensation de craquement douloureux
- Vous avez subi un choc ou une chute récente sur l'épaule
- La gêne s'aggrave malgré le repos
Ces signes peuvent indiquer une situation qui nécessite un bilan médical complémentaire — imagerie, avis orthopédique — et nous vous orienterons si nécessaire.
Ce que nous faisons ensemble
Lors de votre première consultation à notre cabinet de Saint-Mandé, nous prenons le temps d'écouter votre histoire : votre sport, vos habitudes d'entraînement, l'évolution de la douleur. Nous réalisons un bilan complet avant toute intervention. Nous vous accompagnons à votre rythme, sans jamais brusquer.
L'objectif n'est pas seulement de soulager la douleur du moment — c'est de comprendre pourquoi elle est apparue, pour que vous puissiez reprendre votre activité dans de meilleures conditions et, si possible, éviter qu'elle revienne.
Vous n'avez pas à apprendre à vivre avec cette douleur. Vous avez le droit d'en comprendre l'origine et d'explorer des solutions adaptées à votre situation.